Trois questions à Régis Lacote,
Directeur des aires aéronautiques de l’aéroport
Paris-Charles de Gaulle

Régis Lacote est directeur des aires aéronautiques de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. C’est tout au long de l’année, avec ses équipes, qu’il prépare la nouvelle saison hivernale avec pour objectifs de permettre aux avions de décoller et d’atterrir en toute sécurité.

Quels sont les spécificités du déneigement d’un aéroport comme Paris-Charles de Gaulle ?

L’aéroport Paris-Charles de Gaulle est implanté sur une superficie de plus de 3 257 hectares. Les 4 pistes de l’aéroport représentent à elles seules la superficie de 113 terrains de football à déneiger. Il faut rajouter à cela près de 100 kilomètres de voies de circulation et de plus de 314 postes de stationnement avions.
On compte en moyenne 20 minutes pour déneiger une piste longue de 4 200 mètres et 15 minutes pour les pistes courtes de 2 700 mètres. Une piste doit être traitée sur une largeur de 60 mètres, à savoir 4 fois la largeur d’une autoroute à deux voies.
La neige est poussée et balayée par des engins d’une puissance de 1 000 chevaux disposés sur toute la largeur de la piste et repoussée le plus loin du bord pour éviter la formation de congères qui pourraient créer des obstacles dangereux pour les réacteurs des avions.
Il s’agit en fait d’un ballet savamment orchestré par nos équipes.

Est-ce que l’on peut comparer le déneigement d’une piste avec le déneigement d’une voirie classique ?

Non, la comparaison n’est pas possible ! On ne peut pour des raisons évidentes de sécurité faire décoller ou atterrir un avion sur des routes recouvertes de neige ou rendues glissantes par le verglas.
En voiture, lorsqu’une route est enneigée ou verglacée, vous réduisez votre vitesse. Dans l’aérien le problème est plus complexe puisque le décollage ou l’atterrissage d’un avion a lieu généralement à plus de 200 kilomètres/heure.
Il faut donc intervenir rapidement en utilisant des moyens mécaniques et chimiques pour rendre la piste non glissante. Sur une route classique on utilise du sel (chlorure de sodium), mais il ne peut être utilisé sur les pistes car cela endommagerait les avions. On privilégie alors le formiate : le formiate de potassium (liquide) et le formiate de sodium (solide).

Quels sont les moyens techniques dont vous disposez à Paris-Charles de Gaulle ?

Le Groupe ADP a considérablement renforcé son dispositif neige au fil des dernières années. C’est notamment le cas de Paris-Charles de Gaulle qui accueille environ 180 engins de déneigement.
Nous disposons de 2 000m3 de réserves de glycol ce qui nous permet d’assurer environ 10 jours de traitement en cas de forte intensité neigeuse sur l’aéroport.
Nous avons 50 dégivreuses à Paris-Charles de Gaulle.

Enfin, nous avons créé de nouvelles aires de dégivrage pour les avions. L’aéroport Paris-Charles de Gaulle en comporte aujourd’hui 20.
Et pour faire fonctionner tous ces équipements, ce sont plus de 750 collaborateurs et partenaires qui sont mobilisés pour les opérations de déneigement et près de 300 pour les opérations de dégivrage. Ce sont donc au total près de 1 000 salariés du Groupe ADP et de nos entreprises partenaires qui œuvrent au service hivernal de Paris-Charles de Gaulle.
Toute l’année ils souvent des formations spécifiques pour être prêts, le jour J à faire face à l’arrivée de la neige ou à la baisse des températures qui peuvent favoriser l’apparition du verglas.

LE SAVIEZ-VOUS

2 000 m³
Ce sont les réserves disponibles en formiate de potassium de Paris-Charles de Gaulle pour l'hiver 2017 / 2018

400 tonnes
Ce sont les réserves disponibles en formiate de sodium de Paris-Charles de Gaulle pour l'hiver 2017 / 2018