Trois questions à MICHEL LANDELLE,
Adjoint au Directeur des aires aéronautiques de Paris-Orly

Comment les équipes du Groupe ADP se préparent-elles pour affronter l’hiver ?

La première étape importante, est le retour d'expérience de l'hiver précédent, pour dégager les pistes d'amélioration qui vont nous guider dans nos exercices d'entraînement. Cette année, ce sont 416 collaborateurs, avec 326 volontaires du Groupe ADP et 90 sous-traitants, qui ont participé aux simulations sur le terrain. On se prépare en effet à la saison hivernale même au cœur de l'été !

Nos équipes ont 250 hectares de surface aéronautique à traiter en cas de neige. Pour vous donner une image, quand il tombe 1 cm de neige à Orly, cela représente pour nos équipes un volume de neige égale à 27 fois le volume de la pyramide du Louvres. Cela demande donc des entraînements très précis.

Météo France est un partenaire incontournable de la saison hivernale. Nous avons mis en place un outil sur-mesure de prévisions des conditions météorologiques en temps réel : il nous permet d'avoir des informations plus fiables sur la quantité de neige, de verglas ou encore sur les conditions de visibilité, heure par heure. Et en complément, nous disposons également de sondes sur les pistes, qui complètent ces informations et nous permettent de déclencher le "go" pour les opérations de déneigement dans le meilleur timing possible.

Quelles sont les différences entre Paris-Orly et Paris-Charles De Gaulle en matière de service hivernal ?

Il y a un point commun : nous disposons d'équipes extrêmement professionnelles et performantes, à Paris-Charles de Gaulle comme à Paris-Orly ! Mais il existe effectivement des différences, qui tiennent aux atouts et contraintes de chacun de ces aéroports, ce qui rend parfois un même métier assez différent.

La principale différence est bien sûr celle de la taille. On pourrait imaginer que le déneigement à Paris-Orly, en raison de sa taille plus compacte, est un défi plus facile à relever. En réalité, garantir une bonne coordination des équipes et des matériels, dans l'espace plus réduit de Paris-Orly, est un challenge complexe.

Autre différence : nous utilisons principalement deux pistes à Paris-Orly. C'est-à-dire que lorsqu'un train neige est en action sur une piste, nous passons immédiatement en piste unique, donc avec plus d'impact sur les capacités de décollages et atterrissages.

Quelles sont les nouveautés de cette saison 2018-2019 à Paris-Orly ?

Nous avons renforcé cette année encore nos équipements, avec l'arrivée d'une dizaine de nouveaux engins, de la fraise à neige haute performance, en passant par des déneigeuses ou encore un appareil de mesure du taux d'adhérence de dernière génération.

Nous bénéficierons cet hiver d'un nouveau PC neige sur les pistes, qui est notre salle de commandement équipée des derniers outils opérationnels et d'un mur d'image permettant la projection de l'ensemble des informations dynamiques utiles aux opérations hivernales.

Enfin Paris-Orly ne dispose pas d'espaces de dégivrage propres à l'aéroport et situés en seuil de piste. Chaque compagnie aérienne fait donc appel à ses propres prestataires pour le dégivrage de ses appareils, lorsque ces derniers sont sur leur point de stationnement. Mais pour leur faciliter cette tâche, nous avons construit cette année des stations de ravitaillement en produits dégivrants au plus proche des terminaux.